« Au niveau microscopique, c'est une espèce de mille-feuille qui va se gonfler quand il va y avoir trop d'eau et qui va se rétracter quand il y aura des périodes de sécheresse. »
Arthur Peyne, architecte-conseiller
Le Mag de l'environnement, reçoit Arthur Peyne, architecte-conseiller au CAUE de l'Aude. Cette émission est dédiée au phénomène de plus en plus courant : le risque de Retrait-Gonflement des Argiles (RGA). Avec le dérèglement climatique, ce phénomène naturel s'intensifie et menace désormais plus d'une maison sur deux en France, particulièrement dans le département de l'Aude où 80 % du territoire est concerné.
- Comment réduire le retrait et le gonflement de l'argile dans les projets de construction ?
Pour les projets neufs, il est essentiel de viser un taux d'humidité stable du sol pour éviter les cycles de dilatation et de rétractation. Depuis 2020, une étude géotechnique (G1) est obligatoire lors de la vente d'un terrain en zone d'aléa moyen ou fort, suivie d'une étude de conception (G2) pour dimensionner les fondations. Les techniques modernes privilégient des fondations profondes (plus de 1,50 m) avec des systèmes de pieux ou de puits, ainsi que la mise en place d'une étanchéité périphérique (trottoir en béton ou bâche souterraine) pour éloigner les eaux de pluie du pied de la maison.
- Quelle est l'ampleur de ce phénomène spécifiquement dans le département de l'Aude ?
Le département de l'Aude est particulièrement exposé, se classant comme le 5e département le plus concerné par ce risque naturel en Occitanie. En effet, 80 % du territoire audois est couvert par des zones à risque de retrait-gonflement des sols argileux, ce qui signifie que la majorité des habitants du département résident dans une zone soumise à ce phénomène.
- Existe-t-il une carte interactive pour consulter les zones de risque retrait-gonflement d'argile ?
Oui, il existe un portail public officiel que tout le monde peut consulter : Géorisques. Cette cartographie nationale, mise à jour en 2025, indique que le risque d'argiles gonflantes couvre désormais 48 % du territoire national, contre 24 % en 2010. Le site du CEREMA propose également des données techniques et des cartes de zones à risque complémentaires.